Nicolas Sarkozy entre dans une zone de turbulences au sein de l'UMP

Avec la publication demain 12 octobre de la liste de base des investitures, le Président de l'UMP s'engage dans un mois de fortes turbulences susceptibles de laisser des traces durables.

Les premières indiscrétions naissent. Les investitures de l'UMP pour les législatives seront publiées demain.
Pour les députés sortants, la règle est simple. Tout député qui n'est pas empêché pour des raisons d'âge ou de maladie est reconduit à condition qu'il n'ait pas manifesté par un vote sa défiance face au Gouvernement. Ce dernier volet a beaucoup contribué à la discipline de vote lors du récent dossier Suez-GDF ...

Pour les circonscriptions non dotées d'un député sortant UMP, de multiples critères émergent dont la meilleure prise en considération de la parité et des "minorités visibles".

Sur cette base, les instances locales peuvent remettre en cause à la majorité qualifiée cette première investiture et à mi-novembre la commission nationale des investitures statuera de nouveau sur les dossiers pour lesquels sa première investiture aura été contestée.

Mais à cette étape, qu'adviendra-t-il ?

En cas de divergence entre l'investiture initiale et la proposition des instances locales, qui rendra l'arbitrage ultime et sur quels critères ?

Aucune réponse officielle n'est donnée à cette question.

Cette ambiguité montre bien toutes les difficultés d'application des "primaires à la française".

Les primaires devaient être la fin d'une organisation autoritaire et centralisée des partis politiques français. La crise a entraîné la faillite d'une forme d'élitisme qui voulait que les plus capables soient toujours en haut de l'échelle et qu'ils puissent ainsi « guider » ceux d'en bas dans la direction souhaitée. Cet état d'esprit là est révolu. Cette conception un peu mystique est terminée. Ce « modèle »reposait sur une forme de méritocratie supposant que les plus doués sur le plan intellectuel soient les plus capables d'exercer le pouvoir. Non seulement, il n'y a plus d'élite reconnue et acceptée mais encore l'appartenance aux « cercles parisiens » est en passe de devenir une « tâche » à l'exemple de la seule mention de Washington dans la vie politique américaine.

Toute l'ambiguité de la procédure de l'UMP traduit la difficulté pour les organisations politiques françaises de vivre une réelle démocratie interne avec la décentralisation des décisions.

Au niveau des militants UMP, ils sont persuadés que le "dernier mot" leur reviendra.

Si Nicolas Sarkozy devait faire prévaloir des "arbitrages parisiens", c'est une brèche majeure qu'il ouvrirait dans sa capacité à rompre avec de vieilles pratiques et ce au moment même où s'ouvre le lancement de la campagne électorale.

C'est un dossier majeur aux conséquences pratiques multiples.

  • Publié le 11 octobre 2006

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