Chirac et Villepin continuent leur progression dans l'opinion
Selon un sondage Ipsos pour le Point en kiosque ce jour, le Chef de l'Etat et son Premier Ministre poursuivent leur remontée dans l'opinion publique.
Un point de plus pour J. Chirac et D. de Villepin selon le dernier baromètre Ispos pour le Point. Certes une progression continue se manifeste depuis plusieurs mois mais :
1) le niveau de départ était tellement bas que cette progression était presque techniquement incontournable,
2) elle est modeste et ne mène à c ejour qu'à un niveau cumulé non significatif d'une vraie réconciliation entre les intéressés et l'opinion.
Cette situation conduit à un paysage politique frappé par des caractéristiques inédites sous la Vème République.
A près de 7 mois de l'élection présidentielle, c'est la 1ère fois qu'aucun titulaire des deux responsabilités de l'exécutif n'est en situation de postuler manifestement pour la prochaine élection présidentielle.
Dans l'esprit des Français, il est admis qu'une candidature du Président sortant n'est plus du ressort du possible. Pour autant, la candidature du Premier Ministre n'est pas acquise et loin s'en faut.
Le traumatisme d'avril 2002 n'a pas fait des victimes qu'à gauche. L'explosion des candidatures à droite (Le Pen, De Villiers, Bayrou) limite la crédibilité d'une primaire au sein même de l'UMP. Cette primaire est perçue comme de nature à faire encourir un réel risque de présence au second tour. Sous cet angle, peu de personnes imaginent que cette primaire puisse donc réellement intervenir.
Second fait inédit, parce que la candidature de Nicolas Sarkozy à l'élection présidentielle parait, elle, définitivement acquise, le paysage de droite peut connaître pour la 1ère fois sous la Vème République une absence de représentation du « gaullisme social ».
Nicolas Sarkozy incarne une énergie libérale matinée d'un volontarisme sécuritaire. Là sont les trois thèmes forts de son pouvoir d'évocation : énergie, libéralisme, sécurité.
Troisième nouveauté, la filiation du Premier Ministre avec le Chef de l'Etat n'est pas évacuée. L'émancipation via Matignon ne semble pas encore manifestement opérée. Le « Villepinisme » n'existe pas encore. C'est aussi une situation nouvelle que celle d'un Premier Ministre qui, à quelques mois d'une présidentielle, n'a pas rompu le lien avec un Président, a fortiori pas en situation d'être le « nouveau candidat ».
Tous ces facteurs créent une situation manifestement atypique sous la Vème République (voir notre analyse détaillée dans notre lettre 30 du 07/03/06).