Nicolas Sarkozy se veut aussi le défenseur des fondamentaux gaullistes
A Périgueux, le Président de l'UMP annonce une "République nouvelle" dans un discours fondateur qui marque une correction d'ancrage le rapprochant significativement de racines gaullistes.
Nicolas Sarkozy propose de "refaire 1958". Ce résumé en dit long sur le réancrage à la doctrine gaulliste dont il s'était éloigné depuis de nombreuses années pour aller vers une approche plus libérale.
Historiquement, le parti gaulliste est l'incarnation du « courant bonapartiste » dans la vie politique française.
C'est un parti qui ne veut ni de droite ni de gauche. Il veut dépasser ces classifications. Il veut réconcilier les Français vers l'avenir.
Cette sensibilité revendique l'héritage révolutionnaire et la légende napoléonienne.
Le gaullisme est la continuité de cette doctrine. Certes le gaullisme est une philosophie politique indissociable de la personnalité même du Général de Gaulle mais la doctrine va au-delà. Pour l'essentiel, cette doctrine est celle de la grandeur de la France, d'une République épurée et forte, de la rénovation des structures politiques avec un Chef d'Etat qui est « l'arbitre suprême », qui « a la confiance du pays et qui répond en dernier ressort de ce qu'il y a de permanent dans la vie de la France ».
L'autre courant, la droite libérale, a pour repères essentiels deux valeurs :
* le contrat,
* le compromis.
Elle est d'une approche valorisante pour le système parlementaire qui est le lieu privilégié du compromis.
C'est une droite qui sur le plan économique est protectrice de la propriété et favorable à l'initiative privée. C'est l'éloge de la mesure et de la légalité.
Les prises de position de N. Sarkozy le rapprochaient beaucoup de cette droite libérale.
Il donne manifestement un coup de barre pour rappeler les fondamentaux du "noyau dur gaulliste" y compris en termes de solidarités sociales. C'est la meilleure façon pour occuper tout l'espace de doctrine et conduire tout autre challenger à devenir un contestataire de sa personne et non plus de son ancrage conceptuel.
La vraie bataille des droites est aussi réelle sur la doctrine : voir lettre 61 à paraître le 17/10/06.