Ségolène Royal, Laurent Fabius et Dominique Strauss Kahn s'embourbent dans un débat d'une autre époque
Le 1er débat du Parti Socialiste s'est avéré triste et d'une rare banalité. Chaque leader est resté ancré à son "fonds de commerce" électoral à l'occasion de longs monologues qui dénaturent totalement le mot "débat".
La vie politique française a des difficultés pour accepter la logique des primaires.
Cette logique est triple :
1) c'est la reconnaissance du pluralisme de candidatures,
2) c'est le choix de l'explication entre les candidats pour jauger les tempéraments et les convictions,
3) c'est le respect de la démocratie du grand nombre.
Ce 1er débat a été une succession de monologues ne laissant aucune place au naturel et encore moins à l'improvisation. Ce fut une caricature des ménagements généralisés de responsables politiques entre eux et avec les journalistes ne procédant à aucune relance digne de ce nom.
Quel peut être l'esprit d'une primaire sans des débats sportifs et sans concession ?
Quant au respect du choix du grand nombre, il suffit de constater la majorité qualifiée demandée par l'UMP pour "désavouer" la situation d'un député sortant. Quelle démocratie ne se contente-t-elle pas de 50 % plus une voix ? Bien davantage, si le terrain choisit un autre candidat qu'un député sortant, ce choix est transmis à la commission nationale pour simple avis...
Tous ces exemples montrent que le système politique français est très en retrait de ce que connaissent d'autres démocraties.
C'est parce que les primaires sont ouvertes que la compétition trouve une signification.
Il est à souhaiter que le deuxième débat "corrige le tir" sinon c'est une vraie dénaturation de l'esprit des primaires auquel on assiste.
Il vient d'y avoir deux alertes sur l'état "d'intérêt" de l'opinion pour la politique :
* le feuilleton de France 2 "l'état de Grace" s'est avéré un bide retentissant en audience,
* le film sur le Président de même.
Les Français sont lassés de l'univers feutré. Leur vie est violente pour l'emploi comme pour les fins de mois. Ils imaginent que la désignation pour la fonction présidentielle peut ne pas être un parcours douillet mais permette de vraies compétitions dont ils sont les ultimes arbitres.