Ségolène Royal désenclavée par le renfort inattendu de Dominique de Villepin

Le Premier Ministre s'est démarqué de son camp politique sur un sujet majeur : les conditions de publicité du Conseil des Ministres. Une nouvelle fois, il contredit ouvertement son Ministre de la Justice qui le matin même lors de la matinale de Canal citait la publicité des séances du Conseil comme "l'outrance à ne pas commettre". Quelques heures plus tard, le Premier Ministre se prononce pour des conseils des ministres télévisés...

Ségolène Royal est aujourd'hui la candidate la plus en phase avec les questions sociétales ou du moins est-elle reconnue ainsi par l'opinion publique.

Une enquête CSA pour le Parisien paru ce jour indique que 59 % des Français se disent favorables à la mise en place des "jurys de citoyens". Bien davantage, au même où la crise climatique devient un enjeu majeur, un sondage IFOP publié ce jour par le mensuel "Acteurs Publics" place S. Royal à égalité avec Dominique Voynet pour répondre aux problèmes d'environnement.

Dans ces circonstances, il est difficile de conclure à la marginalisation de la Présidente de Région ...

En réalité, la campagne électorale se déroule actuellement autour d'un enjeu majeur : qui se place au centre des débats en accord avec l'opinion ? Aucun candidat ni au sein du PS ni à l'extérieur de cette formation politique n'arrive à se positionner au centre du débat public et reprendre ainsi la "main" en marginalisant la favorite des sondages.

Ce n'est pas le "patrimoinde de départ" proposé par DSK et mis sur Internet qui va ouvrir de nouvelles perspectives. Personne ne voit ce que cette initiative recouvre exactement, le coût, les financements, les bénéficiaires ...C'est trop compliqué, abstrait et lointain.

Il en irait différemment si DSK reprenait à son compte les déclarations de Michel Rocard sur les nouveaux contours d'une majorité politique.

Pourquoi le leader social démocrate ne prend-il pas davantage de risques pour créer la surprise ? Pourquoi pas la suppression de la fonction de Premier Ministre pour instaurer un Vice-Président ? L'annonce que le prochain Gouvernement ne dépassera pas 18 membres et sera composé à stricte parité. L'engagement qu'il établira des règles déontologiques exemplaires pour mieux canaliser le pantouflage dans la haute industrie...

Tout se passe en réalité comme si chacun s'était fait à la victoire de Ségolène Royal et ne devait plus "offenser l'avenir". D'où la modération d'initiatives. Et si par la médiatisation croissante, l'accélération de l'usure, il n'y avait plus d'avenir au sommet après une présidentielle perdue à l'exemple de l'impossibilité de nouveau décollage de Lionel Jospin ...?

Cette campagne présidentielle tarde à démarrer car le jeu paraît bloqué.
Ségolène Royal comprend la société mais Nicolas Sarkozy est le seul à pouvoir sécuriser cette même société.

Si les surprises font défaut et les rôles sont perçus comme déjà aussi facilement distribués, l'opinion publique, toujours rebelle face à un ordre trop rapidement établi en dehors d'elle, va se charger de redistribuer la donne comme à chaque élection. Un espace est peut être en train de se créer. Reste à savoir qui peut en être le bénéficiaire ? Il ne peut être déjà dans la course.

  • Publié le 26 octobre 2006

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