Nicolas Sarkozy peut-il être la seconde victime de l'incendie du bus à Marseille ?
Le Ministre de l'Intérieur est la cible de nombreuses accusations face aux nouvelles violences marquant le 1er anniversaire des émeutes de l'automne 2005. Il importe qu'il se méfie car le rapport entre les Français et la sécurité est complexe.
En juin 2006, l'IFOP a consacré une enquête très détaillée sur les attentes des Français dans le cadre du tableau de bord politique de Paris Match (juin 2006).
L'attente d'actions dans une logique manifestement répressive correspond à un profil très précis :
* personnes âgées de plus de 65 ans,
* aux sensibilités partisanes fortement ancrées à droite.
L'appréciation quant à l'évolution de la sécurité était nuancée. A la question « selon vous l'insécurité a plutôt tendance à augmenter, à diminuer ou à rester stable » (enquête BVA pour Le Figaro 07/06/06), 45 % considèraient qu'elle a tendance à augmenter pour seulement 9 % à diminuer et 45 % à rester stable.
Par conséquent, même s'il importe de garder à l'esprit que 56 % des Français considèraient que Nicolas Sarkozy « fait les bons choix », l'appréciation sur les résultats pratiques de « ces bons choix » demeurait très mitigée.
Bien davantage à la vraie question " existe-t-il une seule politique pour lutter contre l'insécurité " (bref pour résumer de façon simplifiée est-ce que Ségolène Royal = Nicolas Sarkozy ?), la réponse était non pour 46 % mais surtout pour 57 % des électeurs de gauche dont 58 % du PS.
Progressivement, la 1ère cause de l'augmentation de l'insécurité est considérée comme étant « la dégradation des conditions de vie et l'augmentation de la pauvreté » (81 % sont d'accord avec cette analyse) alors même que l'appréciation que « l'insécurité est avant due au trop grand nombre d'immigrés en France » ne recueille que 31 % d'opinions favorables.
Ce socle d'interprétation est une base solide pour une contestation sérieuse de la politique mise en oeuvre par Nicolas Sarkozy (voir notre lettre hebdomadaire 44 du 13/06/06).
Le Gouvernement doit donc être très méfiant sur la résugence de cette violence urbaine car il pourrait bien en être la principale victime à terme.