Ségolène Royal face à JM Le Pen au second tour de la présidentielle de 2007 ?
La présence de JM Le Pen au second tour de la présidentielle de 2007 s'avère une hypothèse à examiner de façon particulièrement sérieuse.
Trois facteurs sont intervenus ces derniers jours dans une certaine indifférence alors même qu'il s'agit d'éléments de première importance.
1) Les enquêtes sur les intentions de vote placent JM Le Pen plusieurs points au-dessus de son seuil de 2002 à la même date. Certes, une dédiabolisation est intervenue et peut expliquer une reconnaissance plus aisée du vote FN lors d'une enquête téléphonique. Mais cette même dédiabolisation peut aussi être le terrain pour un score d'un nouveau seuil.
2) Globalement, le candidat du PS et celui de l'UMP vont se partager 50 % du corps électoral exprimé. Avec l'érosion incontournable vécue pendant la campagne, le seuil des 20 % s'avérera déterminant pour chaque candidat. Il paraît aujourd'hui possible, voire même probable, que JM Le Pen le franchisse. Si la gauhe n'a pas d'éparpillement de candidatures, elle paraît à ce jour en position de préférence par rapport au représentant de la majorité sortante. La gauche mobilise à ce jour davantage de souhaits de victoire par exemple ; ce qui est un indicateur important.
3) La résurgence de violences va conduire certains électeurs à la conclusion que N. Sarkozy a certes échoué mais parce qu'il n'est pas allé assez loin dans la répression. Tout sera donc réuni pour un nouveau vote de réelle révolte contre l'insécurité ambiante à l'exemple du climat très spécifique du 1er trimestre 2002.
Pour toutes ces raisons, la France a un risque certain de revivre une nouvelle logique de scrutin présidentiel qui est celle de connaître la sélection pour incarner l'alternative républicaine face au FN lors du second tour.
Dans cette hypothèse et à supposer que cette alternative soit incarnée par Ségolène Royal, il n'est pas sûr que des électeurs de droite s'imposent la même discipline du second tour que celle respectée par la gauche en 2002. Cette modification de comportement n'est certes pas de nature à laisser peser un doute sur le résultat final mais à porter le FN à un seuil historique créant une crise politique majeure et changeant totalement la donne pour les législatives intervenant quelques semaines plus tard.
C'est un cas de figure qu'il importe désormais d'analyser avec la plus grande attention.