Ségolène Royal : pas de complexe pour la défense de l'ordre public
La leader socialiste réaffirme dans deux quotidiens régionaux sa détermination en matière de sécurité publique y compris pour les "petites transgressions". Une déclaration importante au moment où le bilan de Nicolas Sarkozy est contesté.
Celles et ceux qui voient en Ségolène Royal la candidate de la synthèse entre la solidarité et la sécurité seront satisfaits par le contenu de l'entretien accordé à deux quotidiens régionaux.
La leader socialiste rappelle que "la priorité des priorités, c'est l'éducation et la cohérence des adultes entre famille, école, police, justice".
Elle a une formule choc "ce ne sont pas des gamins de 12 ans qui vont faire la loi dans ce pays. Ni à l'école ni dans leur famille ni dans leur quartier".
Elle prône la réparation généralisée même face à la plus petite trangression dont un tag.
C'est cette fermeté qui avait assuré le lancement de Ségolène Royal. Elle dispose d'un crédit fort en la matière parce qu'elle est apparue capable de rompre avec le "laxisme" habituel des candidats de gauche en la matière.
Bien davantage, la présentation de sa jeunesse crédibilise son ancrage dans des valeurs de fermeté.
Avec de telles déclarations, elle conforte son ancrage transpartis.
En effet, le vrai curseur n'est plus celui d'une relation face à un danger politique (droite ou gauche), des valeurs de liberté ou de solidarité mais le rapport à la crise.
La crise à créé deux types de Français :
* ceux qui entendent s'adapter à elle,
* ceux qui la refusent.
Cette volonté et cette capacité d'adaptation face à la crise, à ses conséquences, aux modifications imposées structurent désormais les mentalités collectives (voir présentation détaillée dans nos lettres 58,59 et 60).
5 groupes se dégagent :
* « les hussards de la modernité » : leur mentalité est celle de la modernité, de la technologie, de la liberté individuelle. L'Etat est une contrainte. La communication est un outil efficace. C'est par l'économie que l'humanité avancera. La postmodernité sera un combat permanent. Ils sont prêts à l'affronter et se sentent une âme de gagnant.
* « Les matérialistes » : la modernité ne les attire pas mais ils ont le sentiment qu'ils parviendront quand même à « tirer leur épingle du jeu ». Ils acceptent l'évolution mais cherchent à en modérer certains impacts qu'ils jugent nocifs.
* « Les nostalgiques » : la modernité est supportable si elle s'accompagne d'un retour à certaines anciennes valeurs : ordre, respect de la famille, respect des Nations.
* « Les hors jeux sociaux » : ils refusent les nouvelles règles. Pour eux, la modernité c'est la décadence et la destruction de l'être humain. La modernité est menaces et peurs généralisées. Il n'est pas question d'harmonisation mais d'uniformisation contre nature et contre culture. L'économie les agresse parce qu'elle oublierait systématiquement l'homme.
* « Les héritiers des acquis » : ils pensent que les ajustements sont nécessairement douloureux donc il faut les différer, il faut demander des « sacrifices » à d'autres qui sont nécessairement mieux lotis qu'eux. C'est la mentalité des remparts. Toute remise en cause des acquis est injuste, injustifiée et nécessite une réaction de solidarité tribale.
Avec cette notion "d'ordre juste", Ségolène Royal a le ton juste pour les trois premiers groupes soit une très large majorité de Français.