Nicolas Sarkozy doit corriger l'ancrage thématique de sa campagne

Le Président de l'UMP doit analyser avec attention l'actuelle poussée du Front National pour rééquilibrer l'ancrage thématique de sa campagne.

Face à une crise profonde, il y a trois grilles de lectures :
* tout d'abord, refuser de voir la réalité de la crise telle qu'elle est perçue par l'opinion. Dans ce cas, l'opinion publique sanctionne celui ou celle qui ne vit pas la même réalité qu'elle.
* ensuite, analyser la crise sous l'angle de "révoltes" qui appellent une réponse globalement répressive,
* enfin, analyser la crise sous l'angle "d'appels" qui sont une demande de nouvelles actions, de nouvelles chances.

La seconde réponse s'inscrit dans une logique de "haine ou du moins d'exclusion" de l'autre.

La troisième réponse se place dans une logique de "demande d'une nouvelle offre politique".

Le créneau de l'exclusion de l'autre est très efficacement occupé par JM Le Pen. C'est son créneau depuis 1984.

Ce créneau est simple : le rassemblement des mécontents de la droite et des insatisfaits de la gauche.

Il est difficile d'occuper ce créneau en étant au pouvoir donc en étant associé à la gestion quotidienne rejetée par ces mécontents et par ces insatisfaits.

Le créneau de la "nouvelle offre" est progressivement occupé par Ségolène Royal.

Nicolas Sarkozy ne peut rester entre les deux (JM Le Pen et S. Royal) car son espace politique se réduit excessivement.

Il doit donc à son tour définir le contenu de la demande d'une nouvelle France qui se place dans une logique positive pour reprendre de l'espace politique. Mais n'est-ce pas trop tard ?

Derrière cet l'enjeu, c'est celui du profil des présents au second tour de la présidentielle de 2007.

  • Publié le 5 novembre 2006

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