Ségolène Royal et le scrutin à vocation multiple
Le résultat du vote du PS demain est un scrutin dont les enseignements dépasseront le simple débat interne au PS.
Le pourcentage obtenu par Ségolène Royal marquera un premier tour de scrutin bien au-delà du seul parti socialiste.
Sa percée dans les sondages a été souvent interprétée comme une aspiration à la présence renforcée de femmes dans la vie politique française. Cette aspiration n'est pas une priorité pour les Français. Ainsi, dans le dernier sondage IFOP sur les priorités des Français pour 2006 (voir le détail sur le site Internet de l'IFOP), seulement 20% des français aspirent à une meilleure représentation des femmes dans la vie politique.
La réalité, c'est que la société dans son ensemble accorde une place plus importante à des valeurs traditionnellement reconnues comme féminines :
* la priorité au côté pratique des choses,
* l'intuition,
* le respect de la vie,
* une forme de protection qui s'accompagne de douceur.
Des femmes peuvent incarner ces valeurs mais ce sont les valeurs qui sont attendues et non pas une approche sexiste car ces valeurs ne sont pas l'exclusivité du sexe féminin (voir notre lettre hebdomadaire 22 du 10/01/06).
A l'opposé de ces valeurs, l'opinion publique rejette tout ce qui peut s'apparenter aux conflits, à des approches rugueuses, à l'énergie trop clivante.
Si ce climat devait être confirmé par un résultat très positif pour S. Royal, ce serait un vrai défi pour la candidature de Nicolas Sarkozy dans la logique d'un second tour rassembleur. Il devrait corriger rapidement et significativement son pouvoir d'évocation qui s'éloigne beaucoup d'un tel climat tout particulièrement dans sa façon de traiter certaines formes d'exclusions interprétées comme sources de violences.
Le scrutin du 16/11 est vraiment à vocation multiple.