Herman Cain découvre les dangers de passer en tête ...
Les membres des équipes dites "d'opposition research" sont passés à l'oeuvre et les bombes sur le chemin de Cain débutent à l'exemple de la révélation de deux femmes qui auraient été exposées à de l'harcèlement.
Cette fonction consiste à passer au microscope tout ce qui pourrait nuire au concurrent dans sa vie.
Tous les magazines, journaux, votes sont épluchés pour détecter les failles de l’adversaire, ses points manifestement faibles. Bien davantage, aucun point fort n’est désormais reconnu comme insurmontable ou incontestable.
Selon certaines sources dignes de confiance, 40 personnes auraient travaillé dans une cellule de ce type pour chaque candidat à la dernière élection présidentielle américaine. Puis, toutes les informations sont intégrées sur ordinateur.
Le RNC ( Republican National Committee ) a même organisé un service interne de logistique qui couvre en permanence les principaux démocrates. Tout est classé par thème. Vous appuyez sur un mot et toutes les déclarations sortent avec leurs contradictions, leurs excès, les votes…
Cette méthode a pris une telle importance que désormais1er service des « oppo » consiste à fouiller dans le passé de leur propre candidat pour identifier ses points faibles afin de prévenir et de s’organiser en conséquence. Ils effectuent ce travail avant même de s’occuper des candidats concurrents.
Les campagnes électorales deviennent des vrais lieux de guerre avec pour objectif quasi-déclaré : la destruction pure et simple de l’adversaire.
Cette « technique » connaît un développement accéléré avec la place désormais prise par internet. Le circuit entre l’émetteur et le récepteur est tellement court que de telles « révélations » n’ont plus à être filtrées par un intermédiaire extérieur comme un journal. L’informatique offre des possibilités de stockage et de croisement d’informations qui démultiplient les possibilités d’un telle approche.
Lors de l’élection présidentielle de 1990, chaque membre influent de l’état-major de campagne de Bill Clinton avait sur ordinateur une documentation classée par thème relative au Président sortant : promesses non tenues, financiers des campagnes, votes … Tout était ainsi réuni pour répondre sur l’instant à une initiative de leur concurrent.
Ce fut ensuite le cas pour toutes les autres campagnes.
Cette approche rencontre une conjoncture d’autant plus porteuse que les programmes politiques ont perdu de leur importance.
L’enjeu n’est plus d’analyser un programme mais de mieux connaître une personnalité, son histoire, son tempérament.
L’enjeu n’est plus de croire dans l’opposition entre un candidat honnête et un opposant malhonnête. La malhonnêteté est partagée. Ce qui l’est moins c’est d’établir le degré de gravité.
Herman Cain est entré dans la tempête avec la confirmation de ses bons sondages. Y résistera-t-il ?