Arnaud Dassier et la querelle des ruptures
Arnaud Dassier, dynamique entrepreneur, claque la porte de l'UMP. Les motifs évoqués méritent l'attention.
1) Arnaud Dassier regrette la rupture insuffisante dans la politique présidentielle. C'est un argument de fond. Le Président Sarkozy s'est beaucoup éloigné du candidat Sarkozy sur le fond comme sur la forme. C'est un reproche très répandu.
2) Arnaud Dassier évoque les conditions de décision au sein de l'UMP. C'est aussi un sujet de fond. L'UMP a raté son rendez-vous pour devenir un parti politique moderne, ce qui supposait de vivre des primaires sur des bases honnêtes, décentralisées. Faute d'une organisation de ce type, l'UMP s'expose à la multiplication des candidatures ce qui va considérablement fragiliser à la fois la présidentielle mais aussi les présences au second tour des législatives.
3) Arnaud Dassier évoque la perspective d'une exclusion s'il ne quittait pas le parti présidentiel. C'est peut-être bien là, une rupture qui est intervenue. D'ordinaire, les dissidents étaient exclus. Mais ces dernières années, non seulement les dissidents n'ont pas été exclus mais ils ont été très vite réintégrés à condition même qu'ils aient brièvement quitté l'UMP à l'exemple des dernières sénatoriales.
Finalement, la rupture est intervenue là où elle n'était pas attendue et la continuité est restée là où elle n'était pas annoncée.
C'est ce dernier grief qui entache une grande partie du bilan de la majorité présidentielle sortante.