Elections municipales : la nouvelle tendance : ne pas militer mais survivre économiquement

L'abstention va peut-être battre de nouveaux records en mars 2014 ?

Ce qui est sûr pour le moment, c'est que l'opinion publique française entre de plus en plus tard dans le temps électoral ressemblant de plus en plus à l'opinion américaine sur ce plan.

En 1831, contre l’opinion dominante de son époque, Tocqueville est allé voir «à quoi ressemble une grande République avant qu’elle n’arrive chez nous».

Aux Etats-Unis, tout se joue souvent dans la dernière semaine car l'intérêt et la mémoire du public sont de plus en plus éphémères.

Il ne doit être question ni d’ignorer ni de chercher à transposer des tendances.

Mais il est nécessaire de chercher à comprendre des tendances lourdes parce qu’aujourd’hui, volontairement ou pas, nous sommes tous des Américains. L’américain est le nouveau latin de l’ère moderne. C’est la culture qui fait notre quotidien qu’on le veuille ou pas.

Cette réalité concerne bien entendu également le marketing politique.

Dans ce domaine, trois différences majeures existent.

Aux Etats-Unis, l’idéologie a peu de place. La politique c’est d’abord des réponses pratiques à des questions pratiques. La part majeure d’idéologie apparaît davantage chez les conservateurs qui veulent défendre le «rêve américain».

Seconde différence, parce l’idéologie a peu de place, le débat tourne autour des valeurs de vie et le premier réflexe consiste à examiner si le candidat qui les proclame les a respectées. D’où la place importante qui est accordée à la personnalisation des campagnes. Le citoyen cherche à décrypter le tempérament.

Troisième différence, la politique Française tourne autour de la gestion apaisée des problèmes. La politique américaine tourne autour de la réintroduction permanente de l’optimisme. En France, le discours consiste à expliquer comment on va retarder l’apocalypse. Aux Etats-Unis, il s’agit de recommencer le monde.

Au-delà de ces points importants de différences, des évolutions importantes sont intervenues en vue d'une harmonisation progressive.

1) la part des indécis augmente compte tenu de la perte de crédit des partis politiques donc des ancrages structurés,

2) la logique de consommation progresse : le vote se résume de plus en plus à : une réponse pratique à une question pratique,

3) la tardivité du choix s'installe.

Cette tardivité s'impose d'autant plus qu'avec la crise le réflexe est à la survie économique et non plus au militantisme civique. Dans ce contexte, prévisions risquent de ne pas être raison, loin s'en faut.

Pour suivre l'actualité de la politique américaine : Politique Américaine

  • Publié le 8 février 2014

Partagez cet article :

Exprimez votre avis :