François Hollande emporté par un clivage culturel de fond
Le leader du PS tente de tenir sur les ancrages classiques. Le clivage culturel a pris le pas sur le clivage politique et rend sa position intenable à terme.
La société a pris de l'avance sur les politiques. Avec ses dialogues participatifs, S. Royal avait eu le mérite d'effectuer le constat et d'apporter une nouvelle base d'échanges.
La société a pris sa liberté par rapport aux politiques. Seul un dernier quarteron de militants obéit désormais aux consignes des partis. Pour le reste, la mode est à la libre décision individuelle. Cette autonomie est le produit de la perte de crédibilité des partis mais surtout d'un gain de maturité de chaque citoyen.
François Hollande défend le connu et le solide donc la gauche plurielle classique. Mais ses partenaires (PCF et Verts) vont représenter moins de 5 % de l'opinion et en forces cumulées. C'est cet ancrage qui fonctionne dans les Mairies, les Départements, les Régions.
L'opinion réclame un autre ancrage : avec le centre. Mais cet ancrage, c'est l'inconnue.
Les chefs de partis réagissent souvent comme "gardiens des fonds de commerces". L'air du grand large les inquiète.
La présidentielle 2007 risque pourtant d'ouvrir une nouvelle donne parce que la société porte un clivage culturel différent du clivage politique classique et d'emporter ceux qui auront maintenu des barrages contre cette "nouvelle vague".